Les 10 sons anglais que les francophones prononcent toujours mal
Du « th » au « h » aspiré en passant par l’accent tonique : les dix sons qui trahissent un accent français, avec des exercices concrets pour chacun.
Pourquoi les anglophones devinent-ils si souvent que vous êtes français avant même la fin de votre première phrase ? Parce qu’une poignée de sons anglais n’existe tout simplement pas en français — et que votre bouche les remplace automatiquement par les sons les plus proches. Voici les dix coupables, avec des exercices concrets pour chacun.
1. Le « th » sourd : /θ/ comme dans « think »
Le son le plus célèbre. Il n’existe pas en français : la langue se place entre les dents, l’air passe sans vibration des cordes vocales. « Think » devient « sink » ou « fink » chez beaucoup de francophones. Exercice : placez un doigt devant vos lèvres — vous devez sentir l’air sur « think, thought, three ». Répétez en exagérant la position de la langue jusqu’à ce que le geste devienne naturel.
2. Le « th » sonore : /ð/ comme dans « this »
Même position de la langue, mais cette fois les cordes vocales vibrent. « This », « that », « the », « they » : ce sont parmi les mots les plus fréquents de l’anglais, donc l’erreur s’entend en permanence. Exercice : posez deux doigts sur votre gorge : vous devez sentir la vibration sur « this », pas sur « think ». Alternez : « think / this, thought / that, thin / then ».
3. Le « h » aspiré
En français, le « h » est muet — alors les francophones l’oublient (« appy » au lieu de « happy ») ou l’ajoutent où il ne faut pas. En anglais, le « h » se prononce toujours en début de mot : c’est une petite expiration, comme un soupir léger. Exercice : tenez un mouchoir devant votre bouche : il doit bouger sur « happy, house, hello ». Puis travaillez les paires : « art / heart, air / hair, old / hold ».
4. Le « r » anglais
Le « r » français vient du fond de la gorge ; le « r » anglais se fait avec la langue qui se recourbe vers le haut sans toucher le palais. Le « r » guttural français est immédiatement reconnaissable. Exercice : partez du son « euh » et relevez lentement la pointe de la langue vers le haut, sans toucher : « red, right, very, around ». Enregistrez-vous et comparez : la différence est spectaculaire.
5. « Ship » contre « sheep » : /ɪ/ et /iː/
L’anglais distingue les voyelles courtes et longues ; le français, beaucoup moins. « Ship » (bateau) avec un « i » long devient « sheep » (mouton) — et « live » (vivre, habiter) devient « leave » (partir, quitter). Les malentendus sont garantis. Exercice : entraînez-vous sur des paires minimales : « ship / sheep, live / leave, full / fool, pull / pool ». Le « i » court est relâché, presque comme un « è » très bref.
6. Le « a » de « cat » : /æ/
Ce son n’existe pas en français : c’est un « a » très ouvert, à mi-chemin entre « a » et « è ». Les francophones le remplacent par « a » (à l’oreille anglaise, « cat » ressemble alors à « cart ») ou par « è ». Exercice : ouvrez grand la bouche, langue basse et avancée : « cat, hat, man, happy ». Comparez avec « cut » (voir le son nº 7) : « cat / cut, hat / hut, bag / bug ».
7. Le « u » de « cup » : /ʌ/
Ni « ou », ni « a » : un son central, détendu, bouche à moitié ouverte. « Cup », « bus », « love », « much » : des mots ultra-fréquents, donc une erreur très audible. Exercice : détendez complètement la mâchoire et laissez le son sortir sans forcer : « cup, luck, sun, money ». Puis enchaînez « cat / cut / caught » pour sentir trois sons distincts là où le français n’en entend qu’un seul.
8. Le « bird » : /ɜː/
Le son de « bird, work, word, first, learn » : un « e » central, long, avec les lèvres neutres. Les francophones le remplacent par « eu » ou « or », ce qui donne un accent très marqué. Exercice : partez d’un « euh » hésitant (« euh… ») et allongez-le en gardant la bouche parfaitement immobile : « bird, word, work, world, learn ».
9. Le « ng » de « sing » : /ŋ/
« Sing » n’est pas « sin-gue » : le son final se fait au fond de la bouche, sans « g » audible. Ajouter un « g » est l’une des erreurs les plus audibles des francophones. Exercice : dites « sing » en bloquant la fin : l’air doit sortir par le nez, la langue restant collée au palais mou. Paires : « sin / sing, win / wing, run / rung, thin / thing ».
10. L’accent tonique : la musique des mots
Ce n’est pas un son, c’est le piège le plus sous-estimé. En français, l’accent est presque toujours en fin de mot ; en anglais, il se déplace — et il peut changer le sens : « PHOtograph », « phoTOgraphy », « photoGRAphic ». Un mot avec l’accent au mauvais endroit devient difficile à comprendre, même si tous les sons sont justes. Exercice : pour chaque mot nouveau, repérez la syllabe accentuée et exagérez-la : dites « PHO-to » en frappant presque la table. Un coaching d’accent vous signalera les mots où vous vous trompez systématiquement.
Comment travailler tout ça sans y passer vos soirées
Inutile de tout attaquer en même temps : choisissez deux sons par semaine, quinze minutes par jour. Écoutez, répétez, enregistrez-vous, comparez. Les paires minimales sont l’outil le plus efficace : elles entraînent votre oreille et votre bouche en même temps, et c’est exactement ce que propose le module dédié.
Prêt à gommer votre accent ? Essayez KodaLang gratuitement : le coaching d’accent analyse votre prononciation son par son et vous propose des exercices ciblés sur vos erreurs personnelles.
Turn this lesson into speaking practice with your AI tutor.
Start learning free